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Les voyages panoramiques de Jean-Charles Langlois, colonel, peintre et photographe.
On le définirait aujourd’hui comme un reporter de guerre, mais il fut d’abord militaire avant d’être observateur. Jean-Charles Langlois, né l’année de la Révolution, sert en effet d’abord l’armée napoléonienne, participant, de 1807 à 1815, à différentes campagnes militaires, avant d’étudier la peinture qui lui apportera ses heures de gloire. A partir de 1815, il troquera les armes contre des pinceaux pour effectuer, toujours au service de l’armée, des panoramas de champs de batailles
dimanche 31 août 2003, par Dominique Grosse
On le définirait aujourd’hui comme un reporter de guerre, même s’il fut d’abord militaire avant d’être observateur. Jean-Charles Langlois, né l’année de la Révolution, sert en effet d’abord l’armée napoléonienne, participant, de 1807 à 1815, à différentes campagnes militaires, avant d’étudier la peinture qui lui apportera ses heures de gloire.
A partir de 1815, il troquera les armes contre des pinceaux pour effectuer, toujours au service de l’armée, des panoramas de champs de batailles qui l’amènent à voyager en Europe et en Afrique du Nord : en Espagne en 1823 où il réalise des lithographies, en Grèce en 1828, en Algérie en 1830 où il peint la Bataille d’Alger.
Les voyages se succèdent sa vie durant, mais le plus important reste sans doute celui qu’il effectue en Crimée de 1855 à 1856, sur les traces de la guerre qui opposent les russes à une alliance occidentale venus soutenir les turcs. De ce voyage reste le témoignage précieux de ses correspondances avec sa femme restée en France. En retrait par rapport aux combats, il y évoque notamment les destructions massives et spectaculaires auxquelles s’emploient les artificiers pour neutraliser le port conquis de Sébastopol, sujet d’un de ses panoramas.
Ce séjour est intéressant par les tableaux qu’il y réalise, mais aussi parce qu’il y expérimente pour la première fois un procédé d’invention encore toute récente : la photographie. Pourtant ce qui devait être un support technique devant faciliter le travail du peintre se révèlera surtout être une source de difficultés et de soucis. Les aléas du climat et l’incompétence, selon lui, de son assistant photographe compliquent la tâche et prolongent son séjour. Il faut dire que la réalisation d’une photo nécessite alors plusieurs heures d’expositions par temps clair. Il revient malgré tout avec de nombreuses réalisations qui seront exposées dans des rotondes spécialement conçues à cette fin.
Le panorama ainsi présenté offre une vue de 360°. Très prisé à l’époque, il apportera une renommée croissante à Langlois. 350 000 visiteurs viendront admirer Le Siège de Sébastopol exposé de 1865 à 1870, année de décès de leur auteur. 1870 est aussi marqué par les défaites militaires qui ont pour conséquence de détourner le public des panoramas, peints à la gloire de l’armée. Jean-Charles Langlois tombera alors dans l’oubli en même temps que ses tableaux.
Liens et références :
http://association.herouville.net/a...
ROBICHON (François), ROUILLE (André), Jean-Charles Langlois. La Photographie, la peinture, la guerre. Correspondance inédite de Crimée (1855-1856), Editions Jacqueline Chambon, Nîmes, 1992.
Le Colonel Langlois, Giovanageli Bernard éditeur, Ville de Boulogne-Billancourt, Bibliothèque Marmottan, 2000.
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