Un Voyageur urbain ?
…voyage dans les villes ou de villes en villes.
Plus de 75% [1] de la population des pays riches vivant dans les villes, quel voyageur occidental n’est pas urbain ?
Cherchons plus loin. Le voyageur urbain j’imagine est celui qui voyage pour s’installer à intervalles réguliers dans une ville dans laquelle il travaille un certain temps avant de transhumer à nouveau. Ce migrateur est, en somme, un voyageur sédentaire ! Ne craignons pas les contradictions.
Pour une définition du Voyage Urbain.
Vous m’excuserez si j’exclue du terme voyageur urbain tout concept de « Commuter ». Certes je traverse Londres sur ma bicyclette pour me rendre au travail tous les matins mais ce n’est pas ma condition de transporté en commun que j’explore ici mais bien mes bonds d’une capitale européenne à l’autre.
Les motivations au voyage sont nombreuses variant du travail au loisir. Dans le cas du loisir le voyageur se place pour une durée indéterminée mais généralement courte hors de son temps et de ses habitudes. Il sort de ses références et explore un autre univers, en général pour se reposer ou s’enrichir l’esprit. Hors de son quotidien il est, à des degrés divers, étranger à celui de ses hôtes.
Voilà donc un point qui sépare le voyageur urbain nouvelle définition du voyageur tout court. Le VU, ne sépare plus les bulles temporelles. La pratique régulière du voyage, l’accommodation réitérée à de nouveaux environnements a vocations oisives comme professionnelles exigent de se maintenir dans un temps perpétuellement en accord avec les espaces/temps locaux. Fini les vacances !
Est-ce tout ? Non pas vraiment. Si les vacances sont bien finies c’est peut-être par ce que le sentiment d’altérité s’émousse. L’Autre, le Visité ne perd pas de son intérêt mais son étrangeté est vécu avec une plus de familiarité et de lucidité. Cette attitude favorisera un sentiment affectif envers les toréadors, les buveurs de thé et les mangeurs de choucroutes par exemple tout en désarmant la puissance vexatoire et blessante des clichés.
Mes élucubrations nous ayant promené du traité de sciences-fiction au séminaire de relation interculturelles, je me hâte de conclure par l’idée que le voyageur urbain choisit des lieux s’y installe, les intègre à son monde intérieur en développant des attaches qu’il rompra partiellement au cycle suivant.
Venit, vidit atque se vicit ! Si son entreprise de conquête des territoires est victorieuse, il vient voit et se perd en se coulant dans le statut de citoyen du monde. Brrr quelle idéee !
[1] cf le site des Nations Unies.